UN peu de culture poétique ...
Fin XIXème siècle, la poésie est un art pratiqué par quelques grands dont les noms restent connus de tous, mais aussi par de nombreux anonymes médiocres et justement oubliés .
L'un de ces anonymes oubliés fut Albert Mérat qui a écrit des tas de choses, surtout des poèmes gnan gnan, ou cul cul pourrait-on dire , ode à ta bouche, sonnet de tes lèvres, etc ... Des titres sympas, mais des poèmes super chiants .
Verlaine et Rimbaud ( ça doit vous dire quelque chose, ces noms là , non ?) se sont beaucoup amusés à sa lecture, et ont du pas mal se taper sur la cuisse en se foutant de sa tronche .
D'ailleurs, Rimbaud a écrit un sonnet très drôle sur le trou du cul, mais à la manière de cet obscur rimailleur . J'avais assez envie de vous faire partager cette (saine ? ) lecture .
Sonnet du Trou du Cul
Obscur et froncé comme un œillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la fuite douce
Des Fesses blanches jusqu’au cœur de son ourlet.
Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse
Pour s’aller perdre où la pente les appelait.
Mon Rêve s’aboucha souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.
C’est l’olive pâmée, et la flûte caline ;
C’est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !